VIGILE PASCALE – père Mohan


Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Lui.

 

Frères et sœurs, je crois que cette parole de l’apôtre Paul exprime bien ce que nous pensons de la résurrection. Si nous considérons la résurrection de Jésus uniquement comme un phénomène qui s’est passé autrefois, il y a vingt siècles pour un dénommé Jésus ; si nous ne regardons que ce fait brutal d’il y a deux mille ans, et si ce fait ne nous concerne pas, alors je ne vois pas ce que nous venons faire dans les églises la nuit de Pâques.

 

Saint Paul nous dit au contraire : « Mais cela vous concerne au premier chef ! » Il n’y a que cela d’important dans notre vie. Tout le reste –vous entendez : tout le reste, vos amours humains (c’est certes important), votre travail (c‘est important), votre famille (c’est très important), ce que vous possédez, votre promotion, votre retraite future, tout cela, qui a une certaine importance n’est rien, n’a aucun sens, si le Christ n’est pas ressuscité et si nous n’entrons pas dans la démarche de la résurrection de Jésus, nous mêmes, aujourd’hui.

 

Qu’est ce que cela veut dire ?  Que notre vie je crois n’a de sens, n’a de valeur que si elle ne s’arrête pas à la mort, que si elle est vie éternelle. Que sert en effet à chacun d’entre nous d’acquérir le plus de bonheur possible si c’est pour que tout s’arrête radicalement au jour de notre mort ? Que sert de vivre et de chercher le bonheur le plus parfait, le plus total, que sert l’amour le plus beau, le plus grand, le plus vrai, s’il est coupé radicalement au bout de quelques années, si nous sommes des condamnés à mort en sursis ? Cela ne sert à rien, c’est absurde !

 

Et voilà qu’aujourd’hui en cette nuit de Pâques, le Christ nous redit par sa propre vie que cette mort humaine n’est pas une mort totale, que cette mort humaine, qui fait partie de nous- même, qui fait partie de notre vie, puisque tout vivant est mortel, que cette mort humaine, parce que Dieu nous aime et que nous sommes ses enfants, n’est qu’un passage. Et que de même que Dieu a dit à son Fils Jésus dans son amour de Père : « Toi tu ne mourras pas », de même pour chacun de nous il ne peut y avoir de mort éternelle. Bien sûr, il nous faudra tous passer comme Jésus à travers le tunnel de la mort, mais pour être aussi éveillé, relevés comme Lui, Jésus, l’a été au matin du troisième jour.

 

Je sais que certains me diront : « Mais comment pouvez-vous me l’expliquez rationnellement ? » Et j’en suis bien incapable ! Mais dites-moi, le fœtus dans le ventre de sa mère est-il capable d’imaginer ce qu’est la vie, cette somme incroyable de bonheur qu’est la vie de l’homme ? Il en est bien incapable. Peut-être faudrait-il lorsqu’on parle de la résurrection, que nous nous placions dans cette perspective-là : celle d’une nouvelle naissance, d’une re-naissance. Et pas plus qu’un fœtus n’est capable d’imaginer tout l’amour de son père et de sa mère, hélas, nous non plus, nous ne sommes pas capables d’imaginer tout l’amour de ce Dieu qui nous accueillera un jour et qui nous dira : « Enfin tu es né et tu es mon enfant. » ni de la beauté et de la grandeur qui émane de la résurrection du Christ.

 

Le Christ est ressuscité d’entre les morts, espoir dans nos douleurs, rayon dans nos épreuves. Allons chrétiens, relevons la tête et suivons le Premier Né d’entre les morts.

 

Père Mohan

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