Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple


Après la longue interruption du Carême et du temps pascal, prolongée par les fêtes de la Trinité et du Saint Sacrement, la liturgie retrouve enfin le cycle des dimanches dits ‘ordinaires’ avec l’évangéliste Saint Luc comme guide.

Ce dixième dimanche ordinaire nous offre un récit particulièrement riche en symboles forts. Jésus a commencé son ministère public et sa renommée se répand : les foules viennent à sa rencontre. A présent, elles le suivent même dans ses déplacements de ville en ville. Et voilà que deux cortèges se télescopent aux abords d’une ville appelée Naïm : Jésus y arrive accompagné de ses disciples et d’une grande foule au moment même où une veuve en sort, accompagnée d’une foule importante, pour enterrer son fils unique décédé.

Jésus est aussitôt saisi de compassion pour cette femme : Jésus, incarnation de la miséricorde de Dieu, est saisi aux tripes, il est bouleversé par le malheur de cette femme, par sa détresse immense.

Dans la culture juive de l’époque, une veuve est particulièrement fragile et vulnérable. Sa fragilité est, dans le cas présent, encore aggravée par le fait qu’elle perd le soutien de son fils unique : la voilà seule devant la vie, bien que le texte nous dise qu’elle était accompagnée par une foule importante de la ville.

Sans que personne dans cette foule n’ait à intervenir, Jésus a perçu toute la détresse de cette femme : ‘ne pleure pas’ lui dit-il et il s’approche. Jésus a été touché par la situation et, à présent, il touche le cercueil : ce simple geste arrête les porteurs, arrête le temps, arrête le cortège de la mort face au cortège de la Vie !

« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ; » Aussitôt, le mort se redresse et se met à parler : la parole de ce jeune homme répond immédiatement à la ‘parole re-créatrice’ de Jésus. Bien que le texte liturgique dise ‘Jésus le rendit à sa mère’, c’est d’un ‘don’ de Dieu qu’il s’agit, d’une ‘vie nouvelle’ offerte par Dieu.

A la vue de cet événement,  la foule reprend à son compte l’action de grâce de Zacharie : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »

Cet évangile nous replonge pleinement dans la perspective de l’Année de la miséricorde : Dieu, attentif aux joies et aux peines de chacune et chacun,  ne cesse de faire don de son amour gratuitement. Dans la mesure où nous nous ouvrons à ce don de Dieu et que nous l’accueillons, il porte du fruit en abondance. Dieu a visité son peuple : bien plus, il demeure avec nous.

Jean

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