L’Eglise, peuple de Dieu en marche


« Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau. » Ap 21,22

« L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout » Jn 14, 26

Le temps liturgique de Pâques fait une large place à la Parole selon Saint Jean, tant par son Apocalypse que par son évangile. D’emblée, les deux citations reprises ci-dessus me rappellent cette formule extraite de la 4e prière eucharistique et qui résume si bien tout l’enjeu du mystère de l’Eglise :

‘Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes,
mais à lui (Jésus) qui est mort et ressuscité pour nous,
il (Jésus) a envoyé d’auprès de toi (Le Père),
comme premier don fait aux croyants,
l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde
et achève toute sanctification.’

Ainsi donc le message que nous livre Jean, après avoir longuement médité ce qu’il a vécu au côté de Jésus, est limpide : Jésus est le sacrement par excellence, signe et moyen de l’amour qui unit Dieu aux Hommes (hommes et femmes)  et les Hommes (hommes et femmes) à Dieu. Là où circule l’amour entre Dieu et l’humanité, c’est là que Dieu demeure : Jésus n’a pas institué d’autres sanctuaires. Il n’a pas davantage institué une nouvelle religion : il envoie l’Esprit Saint qui sans cesse nous éclaire pour poursuivre, ici et maintenant, son œuvre dans le monde et achever toute sanctification.

Le Concile Vatican II a bien compris cela en publiant ses conclusions il y a à peine plus de 50 ans. Dès le premier paragraphe de la constitution Lumen Gentium, l’Eglise est présentée comme étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain,… Et le 2e paragraphe poursuit en définissant l’Eglise comme peuple de Dieu: Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a voulu élever les hommes à la participation de la vie divine ; … Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les convoquer dans la sainte Église qui, annoncée en figure dès l’origine du monde, merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et de l’ancienne Alliance, établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire.

Et plus loin encore, il poursuit au §32 : Il n’y a donc qu’un Peuple de Dieu choisi par Lui : « Il n’y a qu’un Seigneur, une foi, un baptême » (Ep 4, 5). Commune est la dignité des membres du fait de leur régénération dans le Christ ; commune la grâce d’adoption filiale ; commune la vocation à la perfection ; il n’y a qu’un salut, une espérance, une charité indivisible. Il n’y a donc, dans le Christ et dans l’Église, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car « il n’y a ni Juif ni Grec, il y a ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, vous n’êtes tous qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3 ; 28 grec ; cf. Col 3, 11).

Voilà donc bien, l’extraordinaire Foi que Dieu manifeste aux hommes : Dieu nous fait cadeau gracieusement de l’Esprit Saint, et à partir de là, il fait pleinement confiance à chacun de nous, pour être, ici et aujourd’hui, les artisans de son Royaume. Le temps pascal nous invite à répondre à cette Foi inconditionnelle de Dieu en accueillant sa grâce sans réserve. Une telle offre de Dieu peut nous paraître ‘folie’ de Dieu : puisse ‘cette année Sainte de la Miséricorde’ nous ouvrir enfin à cette extraordinaire gratuité de l’amour infini de Dieu pour qu’ensemble nous osions l’aventure de la foi. C’est maintenant le temps favorable !

Jean

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