Le Pharisien, mon frère.


J’aime beaucoup ce Pharisien de l’Evangile du trentième dimanche de l’année C.

Les Pharisiens étaient très attachés à l’observance de la Loi, dont l’accomplissement était le signe de leur amour pour Dieu et de leur fidélité à l’Alliance. Ils avaient beaucoup de bonnes intentions : ils auraient voulu que tous soient comme eux, à savoir bons, honnêtes, justes. Ils ne supportaient pas les méchants.

Les Pharisiens se tenaient longuement en prière, aux carrefours des rues, pour rappeler le devoir de prier à ceux qui ne priaient pas. Ils faisaient des aumônes devant tous pour leur rappeler qu’il fallait faire l’aumône et les gens remarquaient, à leur mine défaite, qu’ils jeunaient deux fois par semaine. Ils étaient des exemples vivants pour les uns, et un reproche sévère pour les autres. Ils arboraient leur piété comme nous portons une croix au cou pour montrer que nous sommes chrétiens.

Combien de fois je me suis reconnu en eux !  Je me suis surpris à juger les autres, car ils ne sont pas comme moi : ceux qui viennent seulement à la messe du dimanche, mais ils ne s’engagent point ; ils consomment les sacrements, mais après on ne les voit plus. Ils ne se portent pas volontaires, comme moi, pour aider les autres. Combien de fois ai-je prié, dans mon cœur, lors de la prière après le Notre Père, « … ne regarde pas aux péchés de ton Eglise, mais à notre foi, ou plutôt à ma foi » !

Oui en mon cœur ! C’est une question de cœur : Jésus leur avait bien dit qu’il ne suffit pas de se laver les mains jusqu’au coude pour être purs, car ce n’est pas ce qui se trouve à l’extérieur de l’homme qui le rend impure, mais tout le mal qui sort de son cœur.

Pharisien, mon frère, comme toi je ne connais pas tout le mal qu’il y a dans mon cœur, tout l’égocentrisme, l’idolâtrie du « moi », masquée de piété, qui se trouve en moi. Si moi, le bon chrétien que je suis, connaissais ce qu’il y a en moi !

Alors je pourrais aller vers le véritable médecin et je lui dirais : « Seigneur prends pitié de moi qui suis un pécheur » et j’insisterais en répétant  « je ne suis pas digne que tu rentres chez moi. Dis seulement une parole et je serai guéri ». C’est la prière que font les moines de l’Eglise d’Orient à longueur de journée.

Je lui dirais : « Vois, mon Seigneur, je me considère juste. Je ne suis pas reconnaissant pour tout ce que tu fais en moi, car je crois être l’auteur de tout ça. Je me considère mieux que les autres, que parfois je méprise, car je ne suis ni voleur, ni malhonnête, ni adultère. Souvent j’ai pensé « Moi je suis le chrétiens idéal. Un bon mari, un bon père de famille devrait se comporter comme moi ». Je te considère mon débiteur parce que j’ai fait tout mon devoir. Combien de fois je prétends que tu m’exauces car il m’est dû ce que je demande !

Mon Seigneur, dans ta miséricorde, guéris-moi, donne-moi ton humilité. »

En effet, l’orgueil est le problème du Pharisien.

  1. Augustin disait : «Vu que l’orgueil nous avait blessés, l’humilité nous guérit. Le Dieu humble est venu soigner l’homme meurtri d’une si grande blessure qu’était l’orgueil ». ( In Ps 36,17 )

Ce n’est plus donc nécessaire de nous comparer aux autres, car notre seule mesure est le Christ. C’est alors que je retrouve ma vraie place : celle du Publicain.

Giampiero B.

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