Il enseignait en homme qui a autorité Mc 1, 21-28


Il nous arrive souvent, lorsqu’on entend des discours ou des sermons, d’avoir envie de dire: ‘Cause toujours !’ En effet nous sommes dans une civilisation où nous sommes submergés par un flot de paroles. Je me réveille le matin:

mon premier geste matinal, c’est de tourner le bouton de la radio pour écouter les informations; mais il y a en plus de la publicité, des chansons, des messages divers, si bien que je vais inconsciemment m’évader, laisser glisser ces mots et ce flot de paroles. Il parait qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes font leur travail scolaire avec la radio ou la télé qui fonctionnent ou même avec les écouteurs de leur smartphone vissé sur la tête. Qui est-ce qu’on entend le plus, la leçon ou la télé c’est la question que je me pose ? Et cela vaut pour moi  aussi: si je suis trop long dans mon propos, votre attention va s’évader. Il faut donc être bref et dire des choses intéressantes pour que la Parole de Jésus vous atteigne.

 

Mais ce qui peut nous consoler, c’est qu’un tel phénomène n’est pas d’aujourd’hui. Déjà du temps de Jésus, les braves gens qui allaient tous les samedis à la synagogue entendaient un ronron et devaient somnoler dans leur coin en attendant la fin. Et voilà que ce jour-là, une parole les réveille,

les surprend. Ils regardent : un homme qui ne parle pas comme les autre. Il dit des choses qu’ils n’ont jamais entendues.

Ils comprennent, ils s’intéressent. On ne sait pas ce que Jésus a dit ce jour-là, mais ce qu’on sait, c’est que cet homme a parlé avec une grande autorité au point même que cette parole va libérer un aliéné.

 

 

 

Une parole qui fait vivre ! Il y a ainsi dans ma vie, dans toute nos vies je pense des paroles qui m’ont créé tel que je suis aujourd’hui. On raconte que Frédéric II, roi de Prusse au

18 ème siècle, voulant faire des expériences sur la langue, avait fait prendre un bébé à sa naissance, l’avait fait enfermer dans une pièce où il ne manquait d’aucun soin, mais où les domestiques n’avaient pas le droit d’émettre le moindre son. Que pensez-vous qu’il arriva ? Le bébé mourut au bout de quelques mois. Parce que voyez-vous, aucun de nous ne pourrait être vivant aujourd’hui s’il n’y avait pas eu les petits mots d’amour de sa mère, de son père, dès la naissance, s’il n’y avait pas eu à longueur de journées, à longueur de vie des mots d’amour. C’est ce que j’appelle une parole créatrice,

une parole ‘restauratrice’. Un homme et une femme ne peuvent pas durer dans un grand amour sans la parole,

sans une parole qui d’une manière ou d’une autre dit :

‘Toi, je t’aime’. Et ce ‘Je t’aime’ entendu fait vivre, donne un autre sens à sa vie. La parole est créatrice de vie.

 

C’est ce qui est arrivé avec l’aliéné. D’un seul coup, la parole d’autorité du Christ va le re-créer dans sa liberté d’homme,

va chasser le démon qu’il a en lui. Le démon qui a trouvé en cet homme, comme en nous tous des complicités : Que nous veux-tu ? s’écrie l’esprit du mal. En chacun de nous également, car nous sommes tous des ‘aliénés’, c’est-à-dire des esclaves, des hommes privés de liberté. Esclaves d’un certain nombre de choses, et il y a en nous des complicités qui font qu’on n’aime pas ceux qui prétendent nous libérer de nos esclavages. Esclavage de l’argent, esclavage des biens matériels, esclavage du sexe, esclavage de l’alcool ou du tabac….il y a des tas d’esclavage !

 

Et voilà qu’une parole peut nous libérer. A condition d’abord qu’il n’y ait pas en nous de complicités avec notre mal ;

mais aussi qu’il n’y ait pas cette espèce d’étourdissement créé en nous par un flot de paroles qui nous empêchent d’accueillir dans le silence La Parole. Je souhaite que tous, nous sachions prendre du temps pour laisser cette Parole divine pénétrer en nous et nous bouleverser, pour faire de nous des êtres neufs, des hommes libres.

Père Mohan

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